Afrique, Association LSP, Évènement, Histoire des femmes, Wikipedia

Les sans pagEs Bénin, un modèle pour l’Afrique

(English version here)

Genèse

Les sans pagEs Bénin est un projet né en 2020, issu d’une collaboration avec Wikimédia Bénin sous la houlette d’Adoscam, un contributeur et wikimédien très engagé originaire du Bénin. Le projet a pour objectif de contribuer à diminuer le fossé et le biais de genre au Bénin en particulier et en Afrique en général, en organisant des ateliers de formation en ligne et en présentiel.

En trois ans des résultats étonnants ont été accomplis pour rendre les femmes et l’histoire des femmes africaines présentes sur Wikipédia en français.

Comment travaillent Les sans pagEs Bénin ?

les sans pagEs Bénin en janvier 2021 – source : Commons cc-by-sa par BANI Nawal

Les membres des sans pagEs Bénin créent et améliorent des pages sur les femmes et les sujets les concernant en Afrique et au Bénin . Au démarrage de l’initiative, une page de projet a été mise en place pour documenter tous les ateliers et les listes de travail, recensant les femmes béninoises manquant sur Wikipédia en Français, et les sujets d’importance pour les femmes et l’histoire des femmes et du féminisme au Bénin.

Le but est d’aussi de mettre les contributrices en avant et de les encourager à se former à la contribution, et à leur tour animer des ateliers. Le défi est de pouvoir pérenniser les actions et de trouver des sources pertinentes aux yeux des contributeurs français de Wikipédia, et ce n’est pas toujours facile !

Le groupe a bénéficié de l’investissement de l’infatigable Adoscam et de son comparse Fawaz.tairou. Adoscam est d’ailleurs même passé sur la télévision nationale au Bénin pour promouvoir ses actions et les sans pagEs Bénin ont bénéficié d’une médiatisation également

Résultats : 100 articles et 50 contributrices en un an !

Contributrices béninoises très motivées au Bénin : crédit photo Commons, cc-by-sa 4.0 par Athenas2030
  • Plus de 100 sujets liés aux femmes béninoises et africaines en général créés et améliorés,
  • Plus de 50 femmes béninoises ont été initiées à la contribution sur Wikipédia et sensibilisées aux enjeux de fossé de genre.
  • Une membre du groupe siège depuis juillet 2022 au comité de l’association Les sans pagEs.

Témoignage d’Aduni Lavani, membre du CA des sans pagEs

Je ne connaissais pas le fossé des genres sur Wikipédia ni les sans pagEs quand j’ai vu une affiche annonçant une initiation de femmes à la contribution sur Wikipédia en l’honneur du 8 mars 2022 journée internationale des droits des femmes et qui mentionnait le fossé de genre sur Wikipédia. J’ai décidé de me créer un compte avant d’aller à la formation. J’ai suivi la formation Wikipédia pas-à-pas et finir par participer à la Quinzaine des autrices francophones des sans pagEs qui était en cours. J’ai réussi à traduire un premier article de l’anglais vers le français sur Tomi Adeyemi, une romancière de science-fiction nigéro américaine. Elle a déclaré qu’elle voulait écrire un roman fantastique se déroulant en Afrique de l’Ouest afin qu’: « une petite fille noire [puisse] prendre mon livre un jour et se voir comme la star… Je veux qu’elle sache qu’elle est belle et qu’elle compte et elle peut avoir une aventure folle et magique même si une partie ignorante du monde lui dit qu’elle ne pourra jamais être Hermione Granger 

Tomi Adeyemi, crédit photo Commons, cc-by-sa 4.0 par Nv8200pa

C’était mon premier article et j’étais très fière ! J’ai ensuite suivi les formations et je me suis prise au jeu. Au cours des formations dispensées par Adoscam, j’ai mieux découvert le projet des sans pagEs et ensuite j’ai assisté à plusieurs sessions en ligne, dont le wikimidi. C’est là que j’ai appris à améliorer mon style et aussi quelques astuces techniques, comme par exemple comment mettre en forme une bibliographie à l’aide du modèle ouvrage qu’on peut ajouter facilement en utilisant l’onglet sourcer, puis il suffit d’enlever les balises <ref>…</ref> entourant le modèle dans le wikicode. Je sais comment aller chercher la liste des ouvrages d’une autrice et des sources secondaires sur Worldcat. J’ai beaucoup appris aussi en regardant comment les autres intervenaient sur les articles que j’ai créé.

L’article dont je suis le plus fière et qui m’a fait apprendre beaucoup de choses sur la législation mien place dans mon pays, c’est Avortement au Bénin. Je ne l’ai pas créé, mais beaucoup amélioré, et j’ai appris beaucoup en écrivant sur ce sujet important qui concerne la vie des femmes de mon pays. Depuis octobre 2021 en effet, une femme enceinte peut demander en toute légalité l’interruption volontaire de grossesse au Bénin, situation rare en Afrique.

Aduni Lawani during a workshop

Comme j’étais motivée et que j’apprenais vite, Adoscam m’a proposé de le relayer pour donner les formations des sans pagEs Bénin. J’ai présenté ma candidature au comité des sans pagEs en été 2022, et j’ai été élue ! Par la suite, j’ai eu la chance de pouvoir participer à la Wikiconvention francophone, où j’ai rencontré beaucoup d’autres personnes africaines contribuant sur les projets Wikimedia, et où Natacha Rault, la directrice des sans pagEs m’a proposé de superviser tous les futurs projets LSP en Afrique.

Un modèle pour l’Afrique ?

L’originalité de l’initiative béninoise est qu’elle est menée localement et vise la montée en compétence des contributrices locales. L’initiative a été très efficace avec 50 contributrice formées (un record absolu pour notre projet !), et l’une d’entre elle a pu venir en France participer à la Wikiconvention Francophone grâce au mentorat prodigué par Adoscam et l’équipe du projet des sans pagEs. Aujourd’hui, plusieurs groupes de contribution de personnes afro descendantes ont manifesté le désir de répliquer l’expérience et peuvent bénéficier de l’expertise du groupe du Bénin :

Sénégal

Cameroun

Côte d’Ivoire

Haïti

Nous espérons revoir toutes ces personnes au cours du mois de la contribution francophone, dans lequel s’inscrit la deuxième mouture de la Quinzaine des autrices francophones, une initiative que nous menons tous les ans pour rendre visible les autrices francophones venant d’ailleurs que la France.

source : commons cc-by-sa 4.0 by Natacha LSP
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Évènement, Commons, Femmes, GLAM, Histoire des femmes, LGBTIQ, Non classé, wikidata, Wikipedia

GLAM on Tour Montreux : magie du Jazz

Nous avons été plusieurs à participer au GLAM on Tour Montreux du 24 au 27 novembre 2022 organisé par Wikimédia CH, avec la collaboration du Cultural Heritage & Innovation Center (CHC) de l’EPFL et la fondation Claude Nobs. L’objectif du week-end était de découvrir les archives du Montreux Jazz Festival digital project, piloté par la fondation Claude Nobs et le CHC à partir des archives personnelles collectées par Claude Nobs, fondateur du festival, pendant plus de 50 ans.

Sculpture dans la jardin du chalet de Claude Nobs à Caux. Source : Commons, CC-BY-SA 4.0 par
Rudolf H. Boettcher

Coté LSP, le but était sûr de réfléchir à la place des artistes féminines au sein du festival, avec pleins de questions concernant le coté queer du fondateur., et sur la place des artistes afro-descendant·e·s dans le festival, qui puise dans la culture du jazz, de la soul et du rock, suite à un questionnement de Noircir Wikipédia, qui a participé également au week-end.

Un moment fort du week-end : la jam session des musiques d’automnes où nous avons découvert des artistes talentueuses et eu la surprise de voir Ivonne Gonzalez débarquer sur la scène !

C’est quoi un GLAM ?

Un GLAM dans le jargon du mouvement Wikimédia (avec un « m » à ne pas confondre avec Wikipédia l’encyclopédie en ligne qui s’écrit avec un « p ») est l’acronyme de Galleries Libraries Archives Museums : ce sont des institutions qui nous intéressent tout particulièrement pour des collaborations car ce sont là que l’on trouve les sources et les médias qui nous servent à contribuer sur des sujets précis.

Photo de groupe GLAM on Tour Montreux. Source : Commons CC-BY -SA de Bobo11

Le GLAM on Tour est un projet récurrent multilingue du chapitre suisse qui négocie le temps d’un week-end l’accès à des institutions détentrices d’archives dans une localité différente chaque année. Des personnes contribuant aux projets francophones, italophones et germanophones se réunissent alors pour extirper la substantifique moëlle des archives pour la rendre accessible au grand public et enrichir la connaissance libre. C’est l’occasion aussi de former des novices à la contribution.

Sandra Becker, chargée GLAM à Wikimédia CH formant deux novices à la contribution sur Wikipédia. Source : Commons CC-BY-SA 4.0 par Rudolf H. Boettcher

Les sans pagEs ont souvent participé aux GLAM on Tour de Wikimedia CH en y apportant une dimension de réflexion sur le genre, la diversité et la place des femmes.

En 2017 à Fribourg par exemple, des biographies de femmes religieuses au Moyen-Âge ont été produites durant l’évènement consacré à la contre réforme menée depuis Fribourg. En 2019 nous avions participé à l’évènement à la Fonoteca à Lugano. En 2018, suite au GLAM on Tour au MAMCO à Genève, les sans pagEs ont en collaboration avec Wikimedia CH organisé des wikimercredis mensuels pour faire des biographies de femmes artistes contemporaines pendant un an. Ces évènements génèrent donc un impact sur les projets en terme de contenus en ouvrant les portes d’institutions culturelles.

Un GLAM on Tour c’est aussi l’occasion de moments conviviaux avec les personnes qui contribuent en plusieurs langues. Cette année nous avions la chance d’avoir avec nous Adoscam des sans pagEs Bénin, ainsi que des personnes venues de Berlin, de Zürich et de Suisse !

Petit déjeuner convivial avec l’équipe des contributeurices ! Source Commons, CC-BY-SA 4.0 de Natacha LSP

Je vais revenir pour vous sur deux sujets explorés qui m’ont particulièrement intéressés durant ce week-end à Montreux à farfouiller dans l’histoire du Festival de Jazz et de son truculent fondateur, Claude Nobs.

Les chalet de Claude Nobs

Source : Commons CC-BY-SA 4.0 de Kerstin Sonnekalb (WMCH)

Nous avons visité les deux chalets de Claude Nobs et leurs univers époustouflants. Claude Nobs était un collectionneur passionné : lampes, trains électriques, moto, instruments de musique, kimono et piano de Freddy Mercury, un habitué de la riviera lémanique. Ces lieux ne sont pas accessibles au public, ils sont gérés par la fondation Claude Nobs, mais on a pu photographier et poster sur commons pour partager avec vous les trésors aperçus.

Source : Commons CC BY SA 4.0 de Rudolf H. Boettcher

55 ans d’archives vidéo des concerts

L’archive de enregistrements sonores récoltés par Claude Nobs durant sa vie a été inscrite au registre Mémoires du Monde de l’UNESCO en 2013. Dès le début du festival Claude Nobs fait enregistrer les concerts en audio, et les enregistrements vidéo débutent dès la deuxième année. Les premières bobines contiennent sans doute les premiers enregistrements sons et vidéos de qualité de concerts du festival : elles pesaient chacune 15 kg avant que les technologies se développent.

Claude Nobs a fait de Montreux un lieu convivial pour les artistes, propice à la création, où leur était donné carte blanche sur scène, et la possibilité de faire de la musique dans un environnement calme et convivial. Pour en savoir plus sur la vision de Claude Nobs il y a ce magnifique documentaire en accès libre They all came OUT to Montreux (mais il faut faire un compte avant).

Adoscam du groupe des sans pagES Bénin photographiant les archives sonores de Claude Nobs. Source : Commons CC BY SA de Kerstin Sonnekalb (WMCH)

Racines queers ? Freddy, Bowie et Nobs

Thierry Amsallem, président de la Fondation Claude Nobs, et ancien compagnon de Claude Nobs explique que l’héritage LGBTIQ+ du festival n’a pas été mis en avant en raison du climat homophobe de l’époque. Il rappelle les circonstances dramatiques du coming out forcé de Claude Nobs suivant la médiatisation de sa relation avec un jeune homme de 19 ans. Ce dernier avait probablement été engagé expressément pour lui causer du tort. À l’époque des faits, Claude Nobs ne cachait pas son homosexualité, mais restait discret. Malheureusement, l’âge du consentement n’était pas le même en Suisse pour les personnes hétérosexuelles (18 ans) et homosexuelles (21 ans). Claude Nobs est arrêté, emprisonné et on lui donne même une lame de rasoir à emporter dans sa cellule. Une pétition demandant sa remise en liberté circule. Ces faits sont relatés dans la deuxième partie du documentaire They all came to Montreux.

Thierry Amsallem revient aussi sur la soirée où Freddy Mercury et David Bowie, tous deux bisexuels, partagent un repas concocté par Claude Nobs qui adorait cuisiner pour les artistes et les recevoir dans son chalet : hop le courant passe et après le repas les deux disparaissent dans le studio et enregistrent Under Pressure en quelques heures.

Place des femmes : Nina Simone au Montreux Jazz Festival

Quelle est la place des femmes dans le festival ? Alain Dufaux le directeur du le directeur du CHC nous indique avoir été très surpris par la faible place des femmes dans le festival. Comment pouvons-nous documenter cela ?

Nina Simone en 1969. Source Commons, CC BY SA de Gerrit de Bruin

De retour dans la salle de l’éditathon Alain Dufaux nous met à disposition un mémoire de master de l’EPFL sur la question de la place des femmes. Le principal souci rencontré pour rendre compte de cette place est que la base de données des concerts de l’EPFL ne mentionne pas le genre des artistes. Difficile donc de quantifier le nombre d’interprètes féminines, même sur une requête wikidata permet d’avoir une idée : près de 800 artistes femmes sur 17 000 soit moins de 5%. On a commencé pendant l’éditathon avec un groupe de contributrices germanophones motivées à renseigner dans les éléments dédiés aux concerts les femmes qui y ont participé par exemple on peut voir que Flora Purim a joué dans l’édition de 1974. L’élément Nina Simone contient maintenant les 4 concerts de Montreux où elle a joué ! On a commencé aussi

Sur Wikipédia j’ai créé une catégorie Montreux Jazz Festival où on peut retrouver certaines des artistes (travail non terminé).

Discutant avec Ivonne Gonzalez, fondatrice du collectif Noircir Wikipédia, nous abordons la place des artistes afro descendant·e·s dans le festival. Si Claude Nobs a fait fortune avec ce festival, a-t-il pour autant fait ce que l’on appelle de l’appropriation culturelle ? Les artistes ont souligné à travers le temps combien ils se sont sentis bien accueillis à Montreux, loin des tensions raciales aux États-Unis. Il n’en reste pas moins que l’on regrette un peu que les 40 ans d’archives du festival ne soient accessibles au public qu’au Montreux Jazz Festival Café de l’EPFL à Lausanne, car elles représentent des archives historiques du jazz qui méritent leur place dans les biens communs. Espérons que dans le futur certains de ces trésors puissent être publiées sous licence libre et accessible à tout le monde en ligne.

Le festival a de toute évidence lancé et relancé des carrières d’artistes afro descendant·e·s et fait connaitre leur virtuosité. Un exemple notoire est celui de Nina Simone, car l’invitation de Claude Nobs à un moment ou ruinée après les revers qu’elle a subis aux États-Unis quand elle a commencé à s’engager pour le mouvement des droits civiques relance sa carrière et lui permet de rebondir.

Nina Simone chante à Montreux en 1968 pour la deuxième édition du festival. Elle est la seule interprète féminine du festival cette année làn (avec Julie Driscoll qui joue avec Brian Auger). Elle arrive des États-Unis dans un contexte particulier : en plein mouvement pour les droits civiques, dans lequel elle est engagée corps et âme, Luther King et Robert Kennedy viennent d’être assassinés aux États-Unis. Elle rend hommage dans une de ses chansons au poète afro américain gay Hughes Lanston. Son frère Sam Waymon avec elle sur scène se souvient « Le roi de l’amour (Luther King) et Bob Kennedy venaient de mourir. On ne savait pas à quoi le monde allait ressembler après. À ce moment-là, pour moi et pour Nina, être sur scène, c’était avant tout être libres. On s’y sentait en sécurité, et on vivait le moment présent plus que nul part ailleurs. »

Le concert de Nina Simone de 1976 est un concert mémorable du festival : Nina Simone arrive sur scène, sans mot dire, digne, le regard sombre. Elle fait un salut au public, courbée et reste un long moment immobile. La tension et l’émotion sont palpable, surtout lorsqu’elle se met au piano et rappelle alors au public, qu’elle avait dit ne plus vouloir jouer dans un festival de jazz, et que sa décision n’a pas changé. Toutefois, dit-elle « Nous allons passer un moment ensemble et je vais jouer pour vous » . Elle termine sa performance en dansant sur un rythme de percussions africaines, une performance inouïe. Elle parle aussi beaucoup, du Liberia où elle vient de passer deux ans. Elle interrompt une de ses chansons pour ordonner à une spectatrice qui tente de partir de s’asseoir : Nina Simone veut être respectée, veut que sa performance soit respectée comme un concert classique. Après sa performance, qui reste aujourd’hui encore parmi les jalons mémorables du festival, une partie de la presse lémanique l’encense, mais des critiques adoptent des formulations racistes, certains lui reprochent d’avoir tenu des propos incohérents et trop parlé durant le concert. C’est pourtant aujourd’hui ces moments de parole que l’on retient comme partie intégrante de sa performance poignante où elle s’est livrée, entière en prenant des risques. Cette performance relance sa carrière.

Coté Wikipédien, Nina Simone a un article labellisé en anglais, et son article en français mériterait un toilettage de Noël en vue d’une future labellisation.

Sade Adu par djrue. Source Commons CC-BY-SA 2.0 Generics

Autre artiste lancée par le festival : Sade en 1984, est pratiquement inconnue lorsqu’elle monte sur scène et entonne Smooth Operator. La performance la propulse au sommet des charts l’année suivante. Ces vidéos sont accessibles au Montreux Jazz festival café à Lausanne : cela vaut le détour ! Et bien sûr j’ai mis Sade Adu dans l’élément wikidata du festival édition 1984.

Merci à toute l’équipe du GLAM on Tour !

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Le groupe d'artistes féministes les Guerrilla Girls par Sandra Muller
Évènement, Commons, les sans images

Retour sur le Drawtober 2022

Pour la deuxième année consécutive, le Drawtober des sans pagEs a rassemblé des artistes pour illustrer des biographies de femmes sur Wikipédia dans le cadre du projet sans imagEs.

Cette année, 90 portraits ont été réalisés, soit douze de plus que l’an dernier. Neuf personnes ont participé.

Le Drawtober c’est quoi ?

Le Drawtober (mot-valise qui vient de draw, dessiner, et october, octobre) est un défi consistant à réaliser un maximum d’illustrations durant le mois d’octobre. Il s’inspire de l’Inktober, un challenge créé par Jake Parker en 2009, qui consiste à réaliser un dessin par jour à l’encre pendant tout le mois d’octobre en suivant une liste de thèmes, et qui a connu certaines controverses.

Par ailleurs, les sans imagEs est un projet créé en août 2020 par les sans pagEs, qui vise à donner un visage aux sujets en lien avec le biais de genre sur Wikipédia. Avant octobre 2021, 35 dessins avaient été réalisés dans ce cadre.

Pourquoi illustrer les articles ?

Pour diverses raisons, de nombreuses biographies de l’encyclopédie ne possèdent pas de photo. Pourtant, on sait qu’un article illustré a plus de chance d’être consulté et qu’il est bien mieux valorisé lorsqu’il est partagé sur les réseaux sociaux.

De plus, une fois postées sur la médiathèque Commons, les images réalisées sont rattachées à l’élément Wikidata, la grande base de données de connaissances libre et gratuite. Elle fait le lien avec les autres projets de Wikimédia. C’est très puissant car d’un coup, les portraits sont liés aux pages rédigées dans les autres langues.

La page de la militante écologiste indienne Ridhima Pandey sur la Wikipédia en japonais. CC-BY-SA-4.0

En dessinant le portrait de la militante écologiste indienne Ridhima Pandey, l’illustratrice Marie Dubois ne s’attendait peut-être pas à ce que son portrait soit affiché sur une trentaine de Wikipédia différentes, en ukrainien comme en arabe ou en japonais.

En complétant les éléments Wikidata et les Wikipédia dans d’autres langues, ce sont plus de 330 pages qui ont été illustrées dans une quarantaine de langues différentes (statistiques correspondant aux données de novembre 2022).

Des personnalités aux profils très variés

C’est avec plaisir que nous avons observé la diversité des profils des personnalités illustrées. La liste comprend en effet des personnes d’origines ethniques et de classes sociales très variées, nées sur six continents différents, du Moyen-Âge à nos jours.

Comme l’an dernier, EthicalComics concentre sa participation principalement sur les femmes de Polynésie française dont elle est originaire alors que Fduriez s’est attaché à dessiner des femmes italiennes. Chloeoni a réalisé le portrait de la réalisatrice et scénariste sénégalaise Kalista Sy.

Les techniques employées sont également très diversifiées, avec des dessins à la main, des portraits numériques ou encore des collages.

Détail retouché d’une affiche réalisée sur papier journal représentant la chanteuse brésilienne Càssia Eller. Elldé CC-BY-SA-4.0

Nous alimentons régulièrement une liste de pages à illustrer pour faciliter le travail et donner des idées aux personnes qui souhaitent se lancer.

Un nouveau moyen de contribuer à l’encyclopédie

Le Drawtober et les sans imagEs en général offrent un moyen alternatif de participation aux personnes qui ne souhaitent pas ou ne se sentent pas capables de rédiger des articles mais qui disposent d’autres compétences. Parmi les douze participant·e,s de cette édition, huit n’avaient jamais contribué, toutes des femmes.

Merci à Ethical Comics, Fduriez, OlgaRithme et Waltercolor d’avoir renouvelé l’expérience et à Belen.rebolledo, Chloéoni, Elldé, Jessica Ganis, Little Maquisart, Marie Dubois, Opsylac et Sandra Mu de s’être lancées ce défi.

L’illustratrice Sandra Muller a partagé son témoignage sur Instagram. Elle a dessiné seize portraits :

L’illustratrice Sandra Muller a partagé son témoignage sur Instagram.

Difficultés rencontrées

Il est très important que les participant·es respectent les règles relatives au droit d’auteur. Souvent il n’existe qu’une ou peu de photos du sujet et il est difficile de s’en s’éloigner suffisamment. Certains portraits se sont fait retoquer malheureusement.

Dans la presse

Le Drawtober des sans pagEs a été repéré parmi les nombreux défis lancés cette année. Merci à Vice.com et au Dauphiné libéré qui l’ont mentionné dans leurs publications.

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Évènement, GLAM, LGBTIQ, Wikipedia

Le fonds Michel Chomarat, dédié aux sans archivEs

Le fonds Michel Chomarat, plus grande archive LGBTQI+ publique de France

Saviez-vous que la plus grande archive LGBTQI+ française en institution publique est à Lyon ? Je l’avais appris un peu par hasard, en 2017, lors de l’évènement Mémoires Minoritaires organisé par la bibliothèque municipale de Lyon qui comportait notamment un atelier de contribution à Wikipédia sur le thème de l’histoire et de la culture LGBTQI+.

Cinq ans et une pandémie mondiale plus tard, la bibliothèque de la Part-Dieu fête ses 50 ans, et quelle meilleure fête que d’écrire sur Wikipédia ? Billets de trains réservés dans la minute pour être sûre de participer à un atelier de contribution remarquablement organisé par les équipes de l’institution et me voilà plongée dans l’histoire (toujours en cours d’écriture) du fonds Michel Chomarat.

La journée ne suffit pas à rédiger un article résumant toute la richesse de ce fonds, auquel la bibliothèque consacre une très belle exposition, Dans les marges. Si nous écrivons sur celles et ceux qui sont sans pagEs, Michel Chomarat archive thèmes et groupes sans archivEs : l’histoire LGBTQI+, mais aussi les « petits gens », la marginalisation (antisémitisme, homophobie…), l’occultisme, les almanachs…

Excaver l’histoire LGBTQI+ française

Écrire sur les archives, c’est bien, mais se connecter à ce qu’elles ont à nous dire, c’est encore mieux. Soirée entre wikipédien-ne-s après l’atelier, nous découvrons que l’exposition en ligne de Dans les marges comporte une playlist musicale : coup de foudre immédiat pour Nous les tantes, extrait de la comédie musicale Essayez donc nos pédalos.

33 tours de la comédie musicale Essayez donc nos pédalos conservé dans le fonds Chomarat

La soirée change de rythme et on se retrouve à frénétiquement chercher toutes les informations possibles sur cette comédie musicale : on pensait excaver une pépite confidentielle, on réalise qu’il s’agit d’une œuvre culte, jouée des centaines de fois, en France mais aussi en Suisse, en Belgique et au Canada. Seulement voilà, c’était avant l’arrivée du sida, et ces années noires, en fauchant des vies, ont aussi rompu la trame de transmission de la culture LGBTQI. Alors, on retricote, en créant l’article sur le spectacle, mais aussi sur la troupe Les Mirabelles, et, peut-être surtout, on rajoute ces deux pierres à l’histoire de la culture LGBT en France, pour que les ancêtres spirituelles de Paloma, Nicky Doll et des autres queen de Drag Race France ne soient pas oubliées.

Évènement, Femmes, Femmes résistantes, GLAM, Histoire des femmes, Wikipedia

Femmes déportées et résistances

Le 15 octobre 2022 nous étions à La Contemporaine à Nanterre, pour un éditathon Wikipédia sur le thème des femmes déportées et résistantes. Pour cette première à la Contemporaine nous avions 19 participant·e·s très motivé·e·s et dont une dizaine avait déjà participé à un éditathon avant !

Tout d’abord un grand merci à Marianne Cosnard et René Pigier qui nous ont accueilli chaleureusement à la Contemporaine. Elles nous ont fourni une liste de travail impressionnante pour cet atelier de contribution à Wikipédia. Leur accueil a vraiment été formidable et nous avions hâte de recommencer ! La contemporaine conserve dans ses archives deux fonds importants sur la thématique, le fonds de l’Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance [archive] (ADIR) ainsi que le fonds Neus Català [archive].

L’intérêt des sans pagEs pour les femmes résistantes et déportées ne date pas d’hier : nous avions déjà réalisé un éditathon sur le thème des lesbiennes durant l’holocauste en 2020 et une contributrice du projet a fait labelliser l’article sur le convoi des 31 000.

C’était l’occasion de revenir sur ce sujet, sur lequel il reste tant à faire en matière de contributions.

Présentation par Anne-Marie Pavillard

Anne-Marie Pavillard présente les objets provenant du fonds d’archives de l’ADIR à la Contemporaine –
Natacha LSP, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Anne-Marie Pavillard, archiviste de l’Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance (ADIR) nous a convié à une visite guidée passionnante de l’Atelier de l’histoire où sont exposés des documents et objets en lien avec l’ADIR, parmi lesquels des objets d’art réalisés par des prisonnières dans le camp de concentration de Ravensbrück. Dans ce camp furent déportées les femmes du convoi des 27 000 et des pseudo expériences médicales ont été menées sur 74 jeunes victimes polonaises dénommées les Lapins. Une socialiste américaine fortunée et célibataire, Caroline Ferriday avec l’aide d’Anise Postel-Vinay et l’ADIR se bat énergiquement pour que les Lapins perçoivent des indemnisations de l’Allemagne.

Les Lapins de Ravensbrück au procès de médecins à Nuremberg – crédit photo Auteur inconnu, domaine public, via Wikimedia Commons

De nombreux artistes ont dessiné, peint et continué leurs activités artistiques dans les camps de concentration. Il nous manque toutefois les images sous licence libre concernant les œuvres réalisées par les femmes.


Jacques Gotko , CC BY 3.0, via Wikimedia Commons

Halina Olomucki a réalisé des dessins du Ghetto de Varsovie et des prisonnières des camp de concentration où elle a séjourné (Auschwitz, Ravensbrück notamment) dont dix-huit sont conservés à la Contemporaine. Aat Breur-Hibma, qui dessine aussi, fait le portrait de la résistante Jeannine Lejard le jour de sa mort à 17 ans. L’artiste, sur demande de la doctoresse Adélaïde Hautval dessine les femmes au Revier juste avant leur mort afin de garder vivante leur mémoire pour leurs familles.

Parmi d’autres objets exposés on trouve un couteau fabriqué avec les moyens du bord, une petite bonne femme en bouts de tissus lisant un livre. Un dessin représentant un lapin avec une jambe enveloppée de bandage est offert par Maja Berezowska à une jeune femme qui faisait partie des Lapins. Ces objets, tous absolument prohibés dans les camps, témoignent de la résistance de ces femmes et de leur lutte pour rester en vie, leur détermination à témoigner et laisser des traces des atrocités commises. Elles avaient conscience de la nécessité de laisser des preuves pour que l’on ne puisse par la suite nier ce qui s’était passé.

Anne-Marie Pavillard nous a parlé de l’association de l’ADIR et de ses efforts pour effectuer un travail de mémoire autour des femmes résistantes et déportées. Les femmes revenues des camps de concentration souhaitèrent rester en contact et développer des réseaux de solidarité et d’entraide. Elles sont déterminées à faire œuvre de mémoire et éditent dès 1946 une revue qu’elles appellent Voix et Visages, en référence au fait que souvent, elles ne connaissaient des autres que les voix et les visages :

Le titre du bulletin rappelle, comme l’évoque Maryka Delmas, « autant les voix des prisons qui sortaient des murs, des fontes des tuyaux, des grillages, que les visages de toutes celles qui se sont retrouvées dans la grande aventure, les visages émaciés de Ravensbrück » (Claire Davinroy, « Ce que sera le bulletin », Voix et Visages n°1, juin 1946).

Éditathon

Éditathon à la Contemporaine
Natacha LSP, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Nous avons eu la visite de l’adjointe au maire de Nanterre, de la Bibliothèque Marguerite Durand et de deux personnes des Archives Nationales. Tout le monde a mis la main à la pâte et l’ambiance était studieuse pour un sujet poignant.

Un étudiant en histoire venu tourner une vidéo sur l’atelier a même lâché sa caméra pour venir participer. Le film sera mis à disposition sous licence libre sur Commons quand il sera achevé.

Comme toujours lorsque l’on fait appel à des personnes expertes dans leurs domaines, la recherche des sources pertinentes est facilitée et permet de se concentrer sur la travail d’édition. Ainsi la Contemporaine nous avait mis à disposition des livres à consulter (voir le catalogue [archive]), mais aussi des ressources en lignes :

Après l’éditathon, trois wikipédiennes chevronnées n’attendent plus qu’une seule chose : recommencer ! La Contemporaine est idéale pour la contribution, c’est un endroit calme, et qui plus est ses archives recèlent des trésors encore inexploités pour la connaissance libre ! De plus le lieu est très accessible avec une ligne de RER même pour les personnes venant de loin.

Et la suite ?

La tenue de l’atelier semble avoir généré un enthousiasme durant tout le mois d’octobre autour des femmes résistantes, avec des contributions sur les femmes qui ont résisté au franquisme durant la guerre d’Espagne et l’amélioration des articles commencés pendant l’éditathon.

Il reste cependant plein de choses à faire dans la liste de travail pour toutes celles et ceux qui n’ont pas pu venir :

Les visages de la plupart de ces femmes manquent sur les articles : on n’a ainsi aucune photo de Caroline Ferriday ou Anise Postel Vinay. La mémoire des bourreaux nazis est accessible, ils ont tous et toutes une photo libre de droit mais les objets d’art, les lettres, les poèmes les dessins et les sculpture réalisées par les femmes de Ravensbrück et d’Auschwitz ne sont pas sur Commons. L’occasion de réfléchir au moyen de valoriser ces contenus grâce à de futures coopérations avec la Contemporaine ! Un article sur les femmes prostituées de force dans les camps reste à faire, des biographies, et l’intégration de ces aspects historiques dans les articles généraux de Wikipédia.

Articles créés : 9

  1. Claude Chauvet
  2. Convoi des 27000
  3. Virtudes Cuevas Escrivá
  4. Carolyn Ferriday
  5. Elisa Garrido
  6. Nelly Huri
  7. Jeannine Lejard
  8. Colette Nirouet
  9. Halina Olomucki

Article créé suite à l’éditathon Les Lapins de Ravensbruck

Articles améliorés : 27

  1. Michèle Agniel
  2. France Audoul
  3. Elsa Barraine
  4. Éliane Brault
  5. Gilberte Brossolette
  6. Camps de concentration nazis
  7. Neus Català i Pallejà
  8. Claire Chevrillon
  9. Denyse Clairouin
  10. Marie-Louise Dissard
  11. Denise Domenach-Lallich
  12. Odette Fabius
  13. Marie-Madeleine Fourcade
  14. Noor Inayat Khan
  15. Shaneel Lal
  16. Violette Lecoq
  17. André Michel (compositeur)
  18. Dominique Missika
  19. Jacqueline Pery d’Alincourt
  20. Anise Postel-Vinay
  21. Conchita Ramos
  22. Hélène Studler
  23. Madeleine Tambour
  24. Émilie Tillion
  25. Yvonne Le Tac
  26. Tereska Torrès
  27. Denise Vernay

Wikidata

Créés

  1. Halina Olomucki :Q114680177
  2. Résistantes 1940-1944 Q114680467
  3. 1er jour de l’an 1943 au camp de Drancy Q114681229

Améliorés

  1. Denise Domenach-Lallich Q97621859
  2. Tereska Torrès Q443180
  3. Hélène Studler Q3144864
  4. Jacqueline Pery d’Alincourt Q3157782
  5. Gilberte Brossolette Q3105910
  6. Marie-Louise Dissard Q539306
  7. Noor Inayat Khan Q464957
  8. Claude Michel Q50673009
  9. Miriam Cendrars Q59532567
Association LSP, Évènement, Femmes, les sans pagEs, Wikipedia

Histoire des femmes de Meyrin : retour sur un éditathon

L’histoire des femmes locales est souvent effacée ou invisibilisée. Si on veut pouvoir en ajouter quelques traces sur Wikipédia en français, il faut pouvoir disposer de sources fiables. Malgré ces difficultés, nous avons décidé de plancher sur l’histoire des femmes Meyrinoises le 22 octobre 2022 à la bibliothèque FORUM Meyrin.

Cet éditathon a été rendu possible grâce à l’intérêt d’Esther Um, conseillère municipale de la commune de Meyrin et membre du comité des sans pagEs, et à la coopération de François Beuret, archiviste de la commune de Meyrin, qui nous a donné accès au fonds d’archive concernant le Groupe Femme Meyrin.

Nous sommes heureuses de vous annoncer également la tenue de wikipermanences hebdomadaires les mardis soirs à la bibliothèque de 17h à 20 h ! Celles-ci démarreront le 15 novembre 2022 !

Centre Culturel FORUM Meyrin,
Hyruspex, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Après un défrichage qui a duré un mois, la micro-histoire de ce groupe Femmes-Meyrin, groupe féministe protestant affilié à ses débuts au mouvement français Jeunes Femmes a livré bien des pistes concernant la commune de Meyrin, de façon surprenante. Les femmes ont en effet marqué de leurs activités toute l’architecture de Meyrin, en profondeur.

Le CERN et la Première cité satellite de Suisse

Vue aérienne du CERN, Brücke-Osteuropa, CC0, via Wikimedia Commons

Dans les archives on a trouvé des preuves d’actions concrètes des femmes meyrinoises pour influer sur la politiques des infrastructures de la ville. La situation était la suivante : le 29 septembre 1954 débute la construction du CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) à Meyrin, qui provoque un afflux de population cosmopolite dans la région. De 3 000 habitants la commune passe rapidement à 19 000 dans les années 1960. Meyrin doit s’adapter et inaugure la première cité satellite de la Suisse (1959) Avec les premiers immeubles contemporains apparaissent bientôt un centre commercial (1963), un centre sportif avec une patinoire extérieure (1978), un hôpital (1976) et un centre culturel (1995).

Maison d’accouchement et maternité

Hôpital de La Tour à Meyrin, construit en 1976 ,
CC-BY-SA 4.0 par Patbateman84

Le groupe Femme Meyrin, très impliqué sur la question des droits des femmes s’accoquine avec les Cernoises pour demander la construction d’une maternité qui ne les oblige pas à aller accoucher à la clinique Bois Gentil à l’autre bout du canton de Genève : la commune se dote de l’Hôpital privé de la Tour en 1976. Au fait, où accouchaient les femmes avant la clinique privée de Latour ? De 1920 à 1946, les femmes disposaient à Cointrin d’une maison d’accouchement «Le Rosaire» qui était géré par une sage-femme, Faustine Nebbia (1894-1981).

Le Rosaire, maison d’accouchement entre 1920 et 1946
Archives de la Commune de Meyrin 2013

Revendications des femmes : une piscine

Le centre sportif s’ouvre d’abord avec une patinoire en 1979, et le projet est formé d’accueillir une deuxième patinoire pour l’entraînement de Denise Billman (celle qui donna son nom à une célèbre figure de patinage artistique exécutée aux Jeux Olympiques de 1980), mais les femmes débarquent au conseil municipal et exigent une piscine d’été, afin que les personnes qui n’ont pas les moyens de partir en vacances puissent trouver un exutoire sportif à leur désœuvrement estival. Marceline Amar, fille de paysans, se déclare même prête à creuser la piscine avec un tractopelle s’il le faut. Paf, ce sera une piscine, exit la gloire du patinage suisse.

Des lieux de la vie paysanne d’antan qui subsistent

On trouve aussi trace dans le fonds d’archives de photos anciennes de la fontaine Bournoud, lieu de lessive traditionnel pour les femmes.

Hyruspex, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Une commune pionnière avec l’élection de Renée Pellet

Meyrin est aussi exemplaire parce que la commune abrite la première femme en Suisse à candidater et être élue à un exécutif après l’obtention du droit de vote au niveau cantonal des femmes en Suisse : il s’agit de Renée Pellet, tombée dans l’oubli depuis, sauf dans sa commune d’origine.

La suite pour les projets Wikimedia, c’est qu’il reste beaucoup de choses à faire sur cette commune. La plupart des bâtiments historiques n’y ont pas été photographiés (écoles, centre commercial, Maison Vaudagne). De nombreuses œuvres d’art de femmes se trouvent dans l’espace public, qui n’ont point été photographiées. Le centre sportif : niet, et l’article sur hôpital de la Tour ne mentionne pas le rôle des femmes dans la décision de sa construction (sans doute la faute à quelque communicant désireux de faire la publicité de cette institution privée rachetée par un groupe américain).

Bref, nous on veut continuer à creuser cette histoire ! Un court article sur le groupe femme de Meyrin mentionne que ces dames sont parties créer l’association féministe F-Information (qui n’a point de page Wikipédia), une visite à la bibliothèque Filigrane nous permet de recueillir un document sur les 40 ans de l’association dans lequel l’implication des meyrinoises est mentionnée, et aussi celle de Marceline Amar.

Un hasard (ou un coup de chapeau ?) fait que F-Information a fêté TOUS ses anniversaires tous les dix ans au centre forum Meyrin, bâti en XXXX et abrite un théâtre, des archives et une bibliothèque, ainsi qu’un restaurant.

Durant l’éditathon, nous avons aussi l’occasion de traduire des articles de physiciennes qui ont travaillé au CERN, Au fait saviez vous que cette région lémanique compte le plus gros pourcentage de Nobels au mètre carré grâce au CERN ?

En attendant voilà la liste des articles imprégnés de ces pérégrinations. Nous avons cherché les traces de ces histoires dans les archives du Temps et du Journal de Genève, dans le journal de la commune et nous comptons bien glaner encore quelques perles dans les comptes rendus du conseil municipal.

Un livre historique sur la commune nous livre quelques lignes sur la fontaine Bournoud, qui existe encore et reste à photographier.

Enfin, autre trouvaille, l’exploratrice, journaliste et écrivaine suisse Isabelle Eberhardt, qui a désormais un mur entier à sa mémoire à Genève sur la maison où elle est née, a vécu avec sa mère et son beau-père quelque part entre Meyrin et Vernier dans une villa appelée Villa Neuve et un étang creusé par son beau père y subsiste encore. Toute cette partie de son enfance est retracée dans le livre d’Edmonde Roux Un désir d’Orient.

Photo de la Villa Neuve où vécut Isabelle Eberhardt, à la Bibliothèque de Genève

La grande histoire des protons a ainsi le temps de cet évènement croisé celle de celles qui sont sans passé, dont l’empreinte géographique urbaine reste pourtant toujours visible dans l’architecture de cette ville moderne. Bref pour la semaine du 8 mars un safari photo s’impose pour que Meyrin se pare d’images sous licence libre !

Liste des articles

Articles créés : Alessandra Buonanno, Ursula Bassler, Madeleine Bernasconi, Madeleine Lamouille, Fabienne Bugnon, Wikidata : Groupe Femmes-Meyrin.

Articles améliorés : Meyrin, Mouvement Jeunes Femmes, Liste des premières femmes par fonction ou titre, Institut Max-Planck de physique gravitationnelle, Lee Ya-Ching, Chaïm Nissim, Hospice Général, Marc Bonnant, Prix Thibaud, Anaïs Prosaïc, Lina Lazaar , Hend Sabri, Université centrale (Tunis), Rabia Ben Abdallah, Isabelle Eberhardt, place du mouvement des femmes dans l’histoire meyrinoise.

Évènement, Instagram, les sans pagEs, Projets

Les sans pagEs ont 5 ans!

Le projet est né le 26 juin 2016 et nous avons 5 ans, nous avons publié plus de 9500 articles visant à réduire le biais de genre et formé plus de mille personnes à la contribution, en Belgique, au Bénin, en France et en Suisse, en Tunisie, même depuis le Chili, l’Inde et la Croatie, et sans doute ailleurs sur la toile ! On est visible sur Wikipédia, mais aussi sur Twitter et sur Instagram :

Nos buts et nos projets

Notre but : réduire les biais de genre dans le numérique, en terme de contenu et en terme de représentation des acteurices dans le mouvement du libre. Libristes cela veut dire que nous pensons que le savoir produit est un bien commun à partager et qui doit être accessible au plus grand nombre, tant dans sa construction que sa diffusion. Si le travail pour le fournir devrait être valorisé de façon à permettre aux personnes de vivre, le produit de ce travail en revanche est un bien commun à partager avec tou·t·e·x·s. De plus si ce savoir n’est produit que par une élite blanche, mâle et universitaire, des pans entiers de la connaissance vont rester inaccessibles. Notre projet encourage donc des groupes de personnes mal représentées parmi les contributeurices de Wikipédia à contribuer et créer leur propre projet. Nous avons soutenu des projets autour des afro-descendant·x·e·s, des lesbiennes, et dernièrement un groupe de sans pagEs au Bénin. Nous avons participé à des initiatives comme le mois de la commune pour les 150 de la Commune de Paris, ou le mois des compositrices. Toute personne désirant développer un thématique peut faire appel à nous! Femmes* dans le jeu vidéo, géographes, collecteuses conteuses, espérantistes, brasseuses et vigneronnes (ces projets ont besoin de vous !).

Alors 5 ans, ça se fête !

C’est l’occasion pour nous de fêter cela avec une action un peu spéciale. 5 années durant nous nous sommes frottées aux exigences de la neutralité et de l’admissibilité dur Wikipédia, alors nous allons un peu lever le voile et vous montrer les sans pagEs sous le rideau, en coulisse. Ce que nous aimons, faisons et comment nous avons vécu ces 5 années du point de vue des personnes qui ont participé au projet. Nos coups de gueules, nos réussites et aussi nos déconvenues seront livrées à vos yeux sous la forme d’un fanzine militant car nous sommes des militant·x·e·s du libre !

Pour celles et ceux qui ne savent ce qu’est un fanzine, allez voir l’article Wikipédia qui y est consacré.

Le contenu est fournit par nos dessins, poèmes et statistiques, et tout serra joliment mis en forme par une magnifique graphiste parisienne, Marie Jolu Planque, pour un rendu qu’on espère badass, piquant et savoureux !

En avant première on vous livre quelques petites miettes de contenu, mais pas pas le résultat final qui sera …. tellement mieux !

Du 20 au 22 août prochain, nous serons pour notre désormais traditionnel week-end annuel en Suisse à Genève, le berceau de nos activités L’occasion de parcourir Genève à pieds, à vélo, à bateau et de réfléchir à notre avenir et notre gouvernance. Et s’il est terminé de distribuer notre fanzine !

Si vous trouvez qu’on bosse pas trop mal et que voulez nous faire un don pour soutenir nos activités – surtout foncez! C’est par là :

Coordonnées bancaires Association les sans pagEs
Rue du Cercle 8, 1201 Genève
14-535197-4
IBAN CH58 0900 0000 1456 5197 4
BIC POFICHEBE  

PS pour celleux qui ont pas compris ce que signifie millitant·x·e·s du libre ou « libriste » (désolé·e·x ce n’est pas épicène c’est un schéma que j’ai pompé sur Wikipédia) :

Les valeurs du mouvement du logiciel libre auquel appartient le mouvement Wikimedia et donc …. les sans pagEs!