Femmes, Wikipedia

Parler des femmes sur Wikipédia

Cette fois-ci nous donnons la parole à hervedemai, alias Touam sur Wikipedia contributeur régulier de l’encyclopédie participative. Devant l’avancée de la cause des femmes  il estime devoir faire patte blanche et  collaborer avec les sans pagEs pour nous faire bénéficier de son expérience en espérant qu’elle sera appréciée malgré quelques incartades).  Il nous relate celle ci-dessous pour rédiger des biographies de femmes et nous donne des idées de contribution!

Aborder le sujet des femmes sur Wikipedia

Parler des femmes sur wikipédia et sur ses sites projets se heurte souvent au manque de documentation existante.

Masih Alinejad, journaliste iranienne. Une photographie de Commons.

Par exemple, la Bibliothèque interuniversitaire de santé, un vénérable organisme qui vient du Moyen-Âge, et dont on comprend à peu près à quoi il sert en lisant son nom, vient de téléverser 4 000 portraits de son fond sur la médiathèque de wikipédia, Commons. Parmi ceux-ci, seulement… 40 sont ceux de femmes. Dans ces conditions, illustrer la contribution féminine à l’histoire de la médecine relève de l’exploit.

Par dessus le marché, un parcours de cette iconographie montre une étonnante conception de la présence féminine : une seule image d’accouchement (sur 3 siècles ! ), mais plusieurs portraits de Jeanne Weber, une tueuse en série ayant vécu à la fin du XIX ème siècle ; au moins, le milieu médical ne semble pas obnubilé par les stéréotypes de la beauté féminine.

Non seulement cette documentation est abusivement réduite, mais en plus elle donne une fausse idée de l’histoire : avec elle on pourrait conclure qu’une tueuse en série est trois fois plus importante que toutes les mères du Royaume et de la République.

On voit que les biais de genre, souvent marqués par une tendance à décrire les femmes par leur affectivité ou en compagnie d’hommes puissants, peuvent prendre de multiples facettes.

Et des sondages similaires pourraient être faits dans d’autres domaines avec des résultats semblables. Comment, alors, parler des femmes sur wikipédia ?

Ce sera le thème d’une série d’articles que j’espère mener sur ce blog. Et, si moi je n’y arrive pas, j’espère que d’autres y arriveront à ma suite ou avec moi. Comment parler de l’action féminine sur wikipédia lorsque la documentation disponible est partielle et partiale ?

Déjà, je vais essayer d’en brosser les grands principes. Plus tard, j’essayerai de mieux les expliquer.

Critères d’admissibilité

Il existe bien sûr les critères d’admissibilité des articles et le classement des sources primaires, secondaires et tertiaires, qui nous enseignent les grands principes. Mais, par exemple, savoir si la seule image d’accouchement de notre bibliothèque interuniversitaire serait pertinente à placer dans un article, demanderait une réflexion particulière ; c’est là qu’une contributrice, qu’un contributeur, prend toute sa valeur.

Quelques idées pour commencer

Une première idée est de participer à la documentation extérieure à wikipédia. Wikipédia n’est nullement le seul lieu de description de la connaissance, il y en a bien d’autres. Wikipédia est une curieuse encyclopédie, qui n’est rien sans la connaissance décrite en dehors d’elle. Cette connaissance extérieure lui sert de référence, et donc, grâce à elle, et grâce à elle seulement, on peut écrire sur des femmes. S’il y a des femmes dans cette documentation de référence extérieure, alors il y aura des femmes sur wikipédia.

Une deuxième idée est de voir comment font les « petites connaissances ». On pleure souvent que, sur wikipédia, le moindre joueur de football de la plus petite amicale bouliste ait sa page wikipédia. Et bien ! Regardons comment font ceux qui écrivent ces articles sur le moindre joueur de football.

Une autre approche très riche est de montrer, sur un sujet précis, ce que font les femmes. Par exemple, dans la conquête spatiale, dans la politique, dans le sport… Où sont les femmes, quelles sont leurs actions, qu’ont-elles inventées, qu’ont-elles fait ? Souvent, ces actions sont bien mieux documentées que la biographie de la femme elle-même. Et donc, au lieu de créer un article centré sur cette femme, on enrichit les articles qui parlent de ses actions, de ses inventions, et souvent c’est tout aussi efficace du point de vue de la connaissance de cette personne.

Contribuer grâce à la photo : Wikimedia Commons

Et puis, pour parler des femmes, il y a la photo ! Grâce à la médiathèque de wikipédia, qui s’appelle Wikimédia Commons, il est possible de développer de véritables reportages sur n’importe quel événement, fait, situation. Voyez, par exemple, la Course de filles et de garçons de café, Belfort, 01 Sept 2018 : il n’y a pas grand chose d’extraordinaire, les femmes y ont une place presque banale, mais toutes ces photos sont bien faites, et témoignent d’un événement de vie locale. Cette part de l’identité et de l’action féminine peut être documenté par tous et toutes ; et celles et ceux qui préfèrent la Grande Histoire peuvent toujours faire des photos d’Angela Merkel, bien sûr. Tout cela est important.

Et il y a encore plein d’autres possibilités. Nous essayerons de les décrire.

En bicyclette à Amsterdam. Une photographie de Commons.

Et puis… si vous mêmes vous avez des idées, des pratiques, dites-le… Parler des femmes, c’est un peu parler de soi, aussi.

 

LGBTIQ, Wikipedia

L’exposition « Continuum » et nous !

Ce mois-ci nous donnons la parole à Isabelle Sentis du projet Queer Code (site visant à rendre visible l’histoire des lesbiennes et des femmes qui ont aimé des femmes durant la Seconde Guerre Mondiale) de l’association Mémoires en chantier.

Nous collaborons avec Queer Code pour favoriser cette visibilité sur wikipedia et d’autres démarches coopératives communes telles que des ateliers participatifs féministes, des interventions ponctuelles (UNIGE : Université de Genève et LESTIME en novembre dernier).

Queer Code a proposé à l’équipe du Service Egalité de l’UNIGE une rencontre sur l’histoire des lesbiennes en Suisse dans le cadre de l’exposition « Continuum, Récits et savoirs LGBTQI*», en collaboration avec Lestime et les Sans Pages. Queer Code a intégré dans son intervention le travail de la professeure Francesca Arena, historienne de la médecine et du genre (Francesca a collaboré au projet Continuum en réalisant un des panneaux de l’exposition). QueerCode a choisi pour son intervention le titre suivant : « Savoirs, pouvoirs et résistances autour des sexualités ».

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Une trentaine de personnes se sont retrouvées le jeudi 15 novembre 2018 à 12h dans l’espace exposition de l’UNIGE. Et plus d’une centaine de personnes ont suivi l’intervention via un facebook live.

Ferdinando Miranda, commissaire de l’exposition et chargé de projet au service Egalité de l’UNI, animait la rencontre. Il a invité les intervenantes à se présenter : Francesca Arena, Nathalie Rault des Sans Pages et Isabelle Sentis pour Queer Code.

Cette rencontre a permis d’exposer les mobilisations communes et spécifiques à chaque groupe dans le cadre de l’exposition :

Le concours de rédaction en ligne sur Wikipédia autour des thématiques LGBTQI* organisé par Les Sans Pages

La cartographie des 14 portraits de l’exposition réalisée par Queer Code 

Lors de ces échanges, ont été abordées les questions de construction des sexualités au fil de l’histoire. Elles se sont construites et continuent de se construire dans une hiérarchisation des savoirs, notamment médicaux. Francesca Arena a présenté comment cette hiérarchisation vise à établir une frontière entre normal et pathologique. Isabelle Sentis a évoqué d’autres voix et les formes de résistances qui leur sont associées et contribuent à sortir des contraintes normatives. Il y a eu des échanges autour des expériences menées par Queer Code et des techniques mises en œuvre pour collecter et regrouper des savoirs pluriels liés aux parcours de lesbiennes. Ces savoirs pluriels émanent de chercheuses, de lesbiennes, de militantes… Queer Code les présente sans les hiérarchiser. Queer Code tend à rendre visibles les mécanismes de normalisation et de hiérarchisation des sexualités et des genres afin de les déconstruire individuellement et collectivement. Lors de cette intervention, les questionnements et difficultés liés à ce process ont été abordés. Quant à Natacha Rault, elle a expliqué le projet des Sans Pages et le concours mis en place dans le cadre de l’exposition.

Pour en savoir plus sur ces échanges, vous êtes invité.e.s à consulter le facebook live disponible sur la page du service Egalité de l’UNI.

Nos lieux, nos fêtes, nos combats :  notre histoire compte !

Depuis quelques années, Isabelle Sentis intervient à Lestime pour partager des projets aux thématiques multiples (santé, histoire, drag king…) qui ont en commun de transmettre l’histoire des lesbiennes, bies, FSF, cis et trans et de leurs mobilisations. Les fondatrices de QueerCode sont venues en novembre 2015 à Lestime se présenter. Elles voulaient collecter l’histoire de lesbiennes et de femmes qui ont aimé des femmes helvétiques ou ayant fui en Suisse durant la Seconde Guerre Mondiale. Sophie Meyer une amie du comité de Lestime, très impliquée dans l’organisation de cette soirée, a permis de découvrir l’histoire des fondatrices de la revue Der Kreis (« Le Cercle ») .

Trois ans plus tard, QueerCode expose les ressources découvertes et développées sur le site depuis sa création en 2015. Le site a enrichi son dispositif « Constellations brisées »  de deux nouvelles cartographies dédiées aux parcours d’Elisabeth Eidenbez et Erika Mann.

Queer Code réalisera la cartographie des lieux liés aux fêtes et aux combats lesbiens de Genève à l’occasion des célébrations autour des 50 ans de Stonewall qui auront lieu en juin 2019. Cette envie de cartographie est issue d’une discussion entre Sophie Meyer et Isabelle Sentis.

Depuis quelques années, la planète LGBTIQ se mobilise pour rassembler et organiser ses archives. Largement mises à l’écart de l’histoire « officielle », les minorités ont compris à quel point il était important de sauvegarder cette mémoire, pour la rendre visible et la transmettre. A travers la cartographie des lieux qui ont marqué l’histoire militante et festive de Genève, Queer Code propose de contribuer à renforcer le fond d’archives déjà déposé à Lestime.

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Deux ateliers en mixité choisie : femmes, lesbiennes et personnes trans* ont été mis en place dans les locaux de Lestime le vendredi 16 et samedi 17 novembre. Ils s’inscrivaient dans le cadre du mandat de la Ville de Genève, concernant la pré-enquête sur les questions de mémoires LGBTIQ. Le projet « Nos lieux, nos fêtes, nos combats : notre histoire compte » se poursuivra en janvier et février 2019 jusqu’à la Pride en juillet 2019.

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Le vendredi 16 novembre, dans les locaux de Lestime lors d’un apéro baptisé : « L’apéro des chattes sauvages », en référence aux soirées lesbiennes inoubliables de Genève, Queer Code a présenté des archives individuelles et associatives déjà collectées. Il y a eu des échanges sur les lieux que les participantes avaient fréquentés : La Bretelle, chez Gaston, chez Lili, le Brigitte, le Barbie, le Centre femmes, rue st-Georges, à Champel, au Lignon … et ceux fréquentés aujourd’hui comme Livresse, Lestime et bien d’autres.

Des années 70 à nos jours, chaque génération a eu ses endroits de militance et de fêtes. Une histoire très peu documentée, encore largement invisible, et pourtant si importante!  Beaucoup d’émotions et de rires partagés lors de cette soirée au son d’une bande son qui nous a fait traverser les décennies en rythme !
Le lendemain, le samedi 17 novembre en après-midi, 16 participant.e.s  se sont retrouvées pour partager un atelier ludique où les lieux de sociabilité et de militance lesbiens ont commencé à être cartographiés. QueerCode a présenté des interviews réalisées avec des téléphones portables, discuté des postures et cadres à partager lors des futurs glanages d’archives orales.

Lors de ces deux rendez-vous, Queer Code a recueilli des ressources précieuses et des personnes motivées sont venues à la rencontre du collectif. Les militantes de Queer Code et de Lestime sont enthousiastes et impatientes de continuer à partager cette démarche avec vous.

Envie de participer à ce projet ?

Contactez info@lestime.ch ou contact@queercode.net

sans pagEs Méditérranée, Wikipedia

Lancement des sans pagEs Méditerranée et Didac’Ressources

Ce mois-ci nous donnons la parole à Sophie Etienne, wikipédienne et secrétaire générale de l’association Didac Ressources. 

Nous avons récemment entamé une collaboration avec Didac Ressources pour le lancement du groupe sans pagEs Méditérranée, qui se donne pour objectif de combler le fossé des genres sur la wikipedia francophone par des ateliers de contributions régionaux: 

Lancement des sans pagEs Méditérranée à Marseilles

Dans le cadre des activités de l’association Didac’RessourcesAtelier sans pagEs Marseille 2018, nous disposions d’une salle et nous avons proposé des ateliers wikipedia, certains autour du projet de valorisation des quartiers par les habitant·e·s, mais aussi, grâce à notre rencontre avec Nattes à chat et Anthère, au lancement des sans pagEs Méditerranée. Pour ce faire, nous avons rencontré une autre structure : Urban Prod et proposé de co-organiser la journée de lancement dans le cadre des Smart Citizen Days.

Cette première rencontre a été suivie d’un atelier de contribution des sans pagEs Méditerranée, le 4 juillet 2018 dans les locaux qui nous étaient prêtés, suivi le 4 août par un autre atelier dans les locaux d’Urban Prod. Nous continuerons des actions ouvertes à toutes et tous avec les sans pagEs,  avec une attention particulière portée à l’égalité entre hommes et femmes et des activités visant à combler le fossé des genres sur Wikipédia. Nous proposons également d’autres ateliers wikipédia, par exemple autour de l’exil dans le cadre des temps fort du Mucem (forum  du 29 septembre/apprendre le français au Mucem), et de la déconstruction des stéréotypes liés aux migrations, à travers les utilisations du vocabulaire. Enfin, nous proposons aussi des ateliers de valorisation des quartier par les habitants eux-mêmes à travers l’écriture de Wikipédia. Considérant qu’effectivement personne ne sait tout et que tout le monde sait un petit peu et qu’il est fondamental de valoriser et partager les connaissances de tous et toutes.

Didac’Ressources en deux mots

Didac’Ressources est une association reconnue d’intérêt général, née de la volonté de mettre en synergie tous les acteurs et actrices de la formation et de l’insertion, qu’ils ou elles soient « bénéficiaires » (nous les considérons davantage comme acteurs et actrices), bénévoles, formateurs et formatrices, acteurs et actrices de l’insertion, chercheurs et chercheuses, membres d’institutions, de fondations, éditeurs ou éditrices… afin de proposer des actions innovantes conscientisantes et participatives pour la promotion du droit à la formation et à la promotion sociale et professionnelle, le partage des connaissances pour tout·e·s avec un intérêt particulier pour les publics migrants en insertion. Pour ce faire, nous proposons des formations de formateurs et formatrices et d’acteurs et d’actrices de l’insertion, de l’ingénierie de projet, de l’ingénierie de formation, des actions de coordination de projet, des réponses sur mesure et mettons à disposition des outils (ressources documentaires et conseils, ingénierie, formation) et invitons toutes les personnes motivées à nous rejoindre et à participer sur le site interactif de l’association : http://didac-ressources.eu/

Notre association considère l’expertise du vécu des personnes concernées comme un atout et œuvre pour la mise en valeur et la promotion des compétences de chacun et leur partage.

Nous menons des actions de veille et de recherche qui  permettent de comprendre les données économiques, politiques et sociales, et culturelles à l’œuvre dans les actions de formation des adultes  et les problématiques rencontrées par tous les publics considérant que les problèmes de santé, de logement autant que de maîtrise de la langue du pays d’accueil peuvent souvent se rejoindre et que des ponts peuvent/doivent être créés.

Didac’ressources est un espace d’échanges pour les acteurs et actrices de la formation et favorise les actions innovantes et partagées

Pour en savoir plus sur l’actualité de Didac’Ressources : http://didac-ressources.eu/blog/

et sur les réseaux sociaux  https://www.facebook.com/13016didacressources https://twitter.com/DidacRessources

livre : lecture